Le design des produits a une vocation marketing. Son influence peut s'avérer néfaste pour l'éducation alimentaire.

Faire les courses avec sa progéniture est un exercice complexe… Tant en raison des sollicitations rencontrées dans les temples de la consommation que des produits aux emballages particulièrement attrayants. Comment résister à son enfant dont le seul souhait est de devenir aussi fort qu’un célèbre tigre sur un paquet de céréales ? Pour les parents, difficile d’expliquer que les céréales avec le tigre contiennent du sucre dont il n’a pas besoin. Impossible pour les enfants de comprendre que cette mascotte n’est là que pour donner une valeur à leurs yeux au produit. Quelles mesures sont concrètement prises pour mettre fin à cette pratique de séduction ?

Le design des produits souvent (trop) salés et sucrés est particulièrement soigné. Il fait émerger chez les individus des nouveaux besoins. Comment inciter le consommateur à ne pas avoir envie de ces produits ? Quelles sont les mesures prises pour contrer leur attrait ? Parce que, derrière ces packagings très séduisants, sont dissimulées des stratégies marketing très offensives. Ces dernières sont d’ailleurs très régulièrement revues afin d’accroître (toujours plus) le chiffre d’affaires des marques. Réagir est donc devenue une priorité pour l’Union Européenne.

Une volonté européenne identique

L’UE a fait le choix de réagir suite à l’augmentation de ces pratiques commerciales payantes. Décision qui se justifie par l’accroissement de la consommation d’aliments trop gras ou salés ou sucrés. Les produits dotés de packagings soignés étant, soulignons-le, très souvent (trop) riches en graisses, trop salés ou sucrés. A la fois séduisants et nocifs pour la santé, les conséquences d’une alimentation où les apports sont inadaptés alertent. C’est d’ailleurs le second argument avancé pour justifier l’implication de l’UE. Le surpoids et l’obésité concerneraient désormais, en Europe, un tiers de la population infantile… Pour la France, les chiffres ne mettent pas en exergue une hausse inquiétante de l’obésité et du surpoids chez les enfants. Néanmoins, la situation inquiète. Sans mesures prises, quelles seront les conséquences à terme de ce marketing stratégique ?

Comment agir ?

Pour changer la donne, il est primordial de pouvoir limiter les stratégies marketing. Pas sûr qu’un adulte glissera dans son panier des céréales sucrées si le design n’a aucune action émotionnelle sur lui… Si ce personnage ne fait pas parti de son passé, il aura plus de mal à s’identifier à lui. Aussi, ôter ces personnages des emballages est-il pertinent. Si, en plus, il a été, au préalable, sensibilisé, grâce à une bonne éducation alimentaire, aux ajouts de sucre et de sel néfastes dans certains produits, l’action attrayante de ces personnages séduisants sera moindre.

Réglementer le marketing infantile des produits

Afin de limiter l’impact des stratégies marketing invasives et (trop) pertinentes, le Bureau européen des Unions de Consommateurs (BEUC) entend réglementer le marketing infantile. Une initiative indispensable quand on sait que les mauvaises habitudes de consommation se prennent tôt et ont bien du mal à être perdues.

On ne saurait qu’espérer la régulation de ces pratiques hautement profitables aux marques et néfastes pour la santé et l’éducation alimentaire de la population juvénile. Nul doute qu’une information plus accessible et compréhensible pour le consommateur serait pour lui un atout de taille pour l’aider à simplement mieux consommer. A suivre…

 

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