Grâce à son passé historique et socio-culturel riche, la ville de Guise, située dans le département de l’Aisne, mérite que le badaud s’y arrête. Château fort, maisons anciennes, musées sont à visiter. Véritable pause culturelle en plein écrin de verdure, les atouts touristiques de Guise sont incontestables.

Guise, une ville carrefour

A quelques encablures de la Thiérache et de l’Avesnois, dans le département de l’Aisne, la ville de Guise se démarque. Ville carrefour, son passé historique et socio-culturel est riche. Guise fut l’épicentre de deux batailles en 1914 et 1918. Bien desservie par les axes routiers, cette ville est dotée d’un parking et de places de stationnement qui permettent au visiteur de s’y arrêter pour flâner. C’est un premier bon point.

Un passé historique riche

Là, est né Camille Desmoulins, avocat, journaliste et révolutionnaire français. Rue de Guise, au cœur de la plus ancienne rue de la ville, l’espace culturel Le Familia, abrite un musée consacré à ce personnage historique. Porté par une association, le musée entendait en 2016 être reconnu d’utilité publique.

Un autre joyau culturel vaut le détour. Il s’agit du Familistère. Découvrir cette ville, c’est aussi plonger dans un passé empreint d’utopie où un homme, d’origine modeste, a réussi à mettre en place une économie solidaire grâce au familistère.

L’utopie sociale de Jean-Baptiste Godin

Au cœur de cette ville, au 19ème siècle, un autre homme, pas tout à fait comme les autres, s’est également distingué. Il s’agit de Jean-Baptiste Godin. A Guise, après avoir acheté un terrain de 6 hectares, il y fait construire un phalanstère. Imaginé par Jean-Baptiste Godin qui, pour réaliser son projet, s’improvise architecte. Sur des feuillets, il décrit, comme pour un mode d’emploi, ses volontés. Il s’aide pour élaborer son projet de l’œuvre d’un autre utopiste, Charles Fourier.

Le familistère : lieu d’habitation des ouvriers de Godin

Grâce à Jean-Baptiste Godin, l’un des pères fondateurs de l’économie solidaire, le familistère est bâti. Ses ouvriers y demeurent avec femmes et enfants. Recrutés dans le secteur de Guise, Godin a une influence directe sur l’économie de Guise qui se métamorphose avec les bâtiments du familistère. A l’époque, aucun système d’habitation de ce type n’existe pour les ouvriers… Grâce au familistère, les ouvriers n’ont qu’un pont à traverser pour aller à leur travail ou pour rentrer chez eux.

Des appartements modernes

Ils ont aussi des logements décents et pourvus de commodités modernes pour l’époque. Chaque pièce mesure 20 m2, a une hauteur de plafond de 3 mètres et est extensible en fonction des besoin et des moyens des habitants du foyer. La fierté de Jean-Baptiste Godin est d’avoir prévu deux emplacements possibles pour les meubles.

familistère de Guise
Le familistère, actuellement en travaux, est le lieu où Godin et ses ouvriers vivaient.

Des conditions de vie similaires à celles de ses ouvriers

Logé au sein du familistère, l’appartement de Jean-Baptiste Godin est semblable à ceux des ouvriers. Il possède cependant un salon par nécessité professionnelle. C’est dans ce lieu que sont signés les contrats. Les constructions conçues par cet homme ne sont pas sans rappeler nos habitations actuelles composées de quatre pièces en moyenne et sur différents étages. La praticité du système instauré est à souligner. Tout est mis en œuvre pour combler les besoins de toute la communauté. Des jardins sont loués pour permettre aux ouvriers de cultiver leurs légumes ; une nurserie accueille les enfants en bas âge pour permettre aux parents d’aller au travail sereinement, etc.

Des enjeux déterminés

Quand Godin parvient enfin à créer l’Association coopérative du travail, il s’en réjouit. Dans Solutions sociales, en 1871, il note ceci : « J’ai pu rassembler les éléments qui doivent concourir à la répartition équitable des fruits de la production entre le travail, la capacité et le capital ». Les enjeux de l’association sont économiques et permettent d’organiser la solidarité entre les différents membres et définissent l’appropriation du capital par les travailleurs. La visée de l’association a vocation à améliorer le devenir de la classe populaire en lui offrant tout simplement des conditions d’émancipation durables…

Si la familistère est le témoignage direct de ses trente années de combat, la création de cette association coopérative démontre sa volonté d’ancrer dans le temps son action.

Une action marquante, inscrite dans la durée

(Re)découvrir ce lieu, c’est se promener dans les couloirs du temps où, à une époque, une utopie a vu le jour et qui, aujourd’hui, a simplement vocation à être un lieu d’échange entre les hommes. Une partie du familistère étant, en effet, un musée géré par une association qui ambitionne d’accueillir 100 000 visiteurs. Débourser quelques euros pour la visite, c’est aussi leur permettre d’avoir plus de fonds, indispensables à la rénovation de ce lieu ou à la conception de nouveaux projets, et donc d’impacter sur l’économie de Guise, à notre échelle…

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