Le cimetière du Père Lachaise est le plus grand espace vert parisien. Véritable Paris microscopique, il est possible de se perdre dans ses allées tout en découvrant un peu plus la Ville et les modes des différentes époques. Tenter cette visite nécro-romantique, c’est se promener dans l’histoire. Six informations à connaître sur ce musée à ciel ouvert qui attire, chaque année, trois millions de visiteurs.

Carte d’identité

A l’origine, ce cimetière était le jardin d’un château, aujourd’hui disparu. L’entrée du parc est simplement devenue l’entrée du cimetière. La chapelle existait déjà et n’a pas été bougée. Le nom officiel de ce musée à ciel ouvert n’est autre que le cimetière de l’est qui n’est pratiquement jamais nommé par la bonne appellation. Ce nom est apparu en référence à François d’Aix de la Chaise, confesseur de Louis XIV qui avait pour habitude de se reposer dans la maison et le parc de ce lieu. Ce confesseur repose d’ailleurs dans l’église avec d’autres membres de l’ordre Jésuite auquel il appartenait.

Un espace où rêver ?

D’une superficie de 44 hectares, ce parc comptait avant l’aménagement des sépultures plus de 5000 arbres. A ce jour, il est toujours le plus grand espace vert de Paris et 150 arbres d’essences différentes y sont présentes. On y dénombre quelque 70 000 concessions funéraires. Alain Bashung, Jim Morrison, Molière ou encore La Fontaine y sont enterrés. Mieux vaut vous munir ou télécharger un plan. Et ce même si se balader d’une avenue à une avenue garantit au visiteur de nombreuses surprises… Le cimetière du Père Lachaise est l’un des dix lieux les plus fréquentés par les amoureux.

Un Paris microscopique

Avec ses allées majestueuses et celles beaucoup plus modestes, les avenues du cimetière ne sont pas sans rappeler les rues de Paris. Il en est de même pour les dernières demeures des personnes enterrées. Si certaines sont modestes, d’autres se révèlent être de véritables œuvres d’art. Imposantes, majestueuses, les adjectifs qualificatifs pour décrire une tombe manque parfois au visiteur tant sa surprise est grande de découvrir une réalisation de ce type dans un cimetière !

Des témoignages du temps passé et des tendances d’antan

Les concessions et les symboles qui y trônent sont des témoignages du temps où vécurent chaque personne. A l’époque de Balzac, sur la tombe des écrivains, figurait une plume, symbole de leur activité. Il en est de même pour les peintres. Le buste de Balzac a trôné sur la cheminée de ses ancêtres et a désormais sa place sur sa tombe. Avec cet objet, chaque personne signalait qu’il était le dernier d’une lignée. Avec tous les symboles qu’il contient, ce musée demande au visiteur de décrypter son histoire.

Un stratagème pour séduire

Ce cimetière n’a pas de suite enchanté la population. Éloigné et répondant avant tout à un besoin, les gens étaient réfractaires à l’idée d’enterrer leurs proches loin de Paris. Aussi, pour donner envie aux Parisiens d’enterrer leurs proches dans ces lieux, le préfet de Paris y fit transférer les dépouilles d’Héloïse d’Argenteuil, de Pierre Abélard, de Molière et de La Fontaine… Le stratagème fonctionna. La sépulture de La Fontaine est, en effet, vide et nul ne sait vraiment si les restes de la dépouille de Molière sont bien les siens ! Rappelons qu’à son époque, Molière, comédien, avait été enterré à la nuit tombée et discrètement… Il n’était pas bon alors d’être comédien.

Les tombes de Molière et de La Fontaine sont situées dans la même allée.

Un héritage sans héritier

La comtesse Elisabeth Demidoff lègue une importante somme d’argent à quiconque passera 355 jours et 356 nuits avec elle, dans son tombeau. Quelques uns ont d’ores et déjà de relever le défi. Personne n’a résisté cependant plus de sept jours. Conformément aux souhaits de la comtesse, la personne décidant de se lancer dans l’aventure sera nourrie en livres et en nourriture et aura le droit à une heure de marche, à des horaires précis cependant et en fonction des saisons. Le caractère imposant et surplombant du tombeau vaut le détour.

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